• Le rabbinat évangélique en action

    Le rabbinat évangélique en action

    A propos du rabbinat évangélique 

    par ntjufen

    Note liminaire 

    Les scribes et les pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse. Faites donc et observez tout ce qu’ils vous disent; mais n’agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas. Ils lient des fardeaux pesants, et les mettent sur les épaules des hommes, mais ils ne veulent pas les remuer du doigt. Ils font toutes leurs actions pour être vus des hommes. Ainsi, ils portent de larges phylactères, et ils ont de longues franges à leurs vêtements; ils aiment la première place dans les festins, et les premiers sièges dans les synagogues; ils aiment à être salués dans les places publiques, et à être appelés par les hommes Rabbi, Rabbi. Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères. Et n’appelez personne sur la terre votre père; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. Ne vous faites pas appeler directeurs; car un seul est votre Directeur, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux; vous n’y entrez pas vous-mêmes, et vous n’y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous dévorez les maisons des veuves, et que vous faites pour l’apparence de longues prières; à cause de cela, vous serez jugés plus sévèrement. (Matthieu 23:2-14 )

    croix pastorale 

    Vous, saints du Père qui êtes familiers de la saga d’Israël dans l’Ancienne Alliance, laquelle révèle Christ par images et profuses et fugaces, y avez-vous déjà surpris quelque chose qui ressemble à l’institution que l’on nomme le Rabbinat? Autrement dit, y a-t-il des ‘rabbins’ dans la première partie de la Bible? Non, vous verrez dans les récits de la Première Alliance des sacrificateursEphod, des juges, des prophètesSamuelProphet1SMG, des scribesJewish_scribe_writing_the_Torah, et un peuple d’Israël que YHWH, appelons-Le de Son nom court, Yah, que Yah s’est mis de côté pour révéler quand les temps seraient accomplis, Son Oint, Yeshua, en Qui, par Qui et pour Qui sont Toutes choses.

    Et pourtant, au tournant de son exil babylonien ~500 Av. EC, Israël a amorcé de sérieux virages qui ont consolidé le bastion de la rébellion au Père, rébellion qui a toujours germé en Israël, peuple au cou roide[1] , dit l’Ecriture. Ainsi est née, à partir de l’importance prise par les copistes et répétiteurs de la Torah de Moshè (Moïse), les scribes, cette institution appelée le Rabbinat, qui a transformé la créature, l’homme, en pilier de la relation avec le Créateur, Yah. Le savant (scribe) a remplacé peu à peu l’homme consacré (le sacrificateur), jusqu’à ce que la prépondérance des premiers vienne remplir le vide laissé par la destruction du Temple de Jérusalem (dit de Zorobabel) qui laissait vacant le service du sanctuaire. Les savants formés en écoles talmudiques (yeshivot) venant à constituer le pilier de la vie religieuse dans les communautés israélites, la figure du Rabbin a évolué pour se stabiliser au Moyen âge en substitut de la figure élohimique, avec la professionnalisation de ces savants qui interprétaient les interprétations et commentaient les commentaires des commentaires de leurs devanciers… Rien dans la religion que l’on nomme judaïsme, ne se peut faire sans le Rabbin. Il est la systématisation du rejet de la relation directe entre le croyant et son Elohim. La Bible déclare que cet Èlohim si grand que les cieux des cieux ne peuvent le contenir[2]   a avec Ses enfants, une relation médiée[3]   par Son Oint, Son Messie, Yeshua, Souverain sacrificateur[4]  , au sacrifice indépassable, garant et médiateur d’une alliance plus qu’excellente[5]  . Qui a vu et connu Yeshua, a vu et connu le Père. Et nul ne peut se rapporter au Père immense et si proche par Yeshua, que par ce seul et unique médiateur.

    Pasteur, génération spontanée?church-01-101  

    Le pasteur: d’où vient-il? Il est la continuation sans rupture fondamentale du prêtre catholique[6]   catholic-priest-featured-w480x300  catholic-clergy1 en dépit de la scission entre Catholiques romains et Catholiques Réformés, d’où naîtront les protestants puis les évangéliques. Le pasteur, selon le modèle d’organisation de sa dénomination, sera soit un papet (petit pape), soit un fonctionnaire religieux soumis à une organisation de type pyramidal qui mime l’organisation vaticanesque, laquelle elle-même mime l’organisation de l’Empire romain qui s’est penché sur ses fonts baptismaux.

    Yeshua contesta-t-il l’existence des scribes, qui étaient l’embryon du rabbin à son époque? Non. L’activité de scribe s’est densifiée dans le peuple d’Israël après l’Exil babylonien, et ces derniers étaient chargés d’expliquer la Loi mosaïque dont ils étudiaient les arcanes, pour l’édification du peuple commis à des tâches de production ou de trafic. Les sacrificateurs sacrifiaient, les scribes recopiaient l’Ecriture, l’explicitaient, jugeaient et forgeaient pour les différentes communautés, la jurisprudence. Et déjà, au premier siècle, s’ils n’étaient pas dispensés d’exercer une autre activité pour vivre, les scribes ne pouvaient prétendre vivre du défraiement issu de leurs activités de juges/législateurs/exégètes. La tendance naturelle à prendre l’ascendant sur le peuple ignorant et à le charger de fardeaux n’échappa pas à l’Auteur de la vie ici-bas, qui les reprit vivement. Il leur fit quantité de reproches qui sont et devraient être le socle sur lequel se bâtit la récusation de toute organisation cléricale dans l’assemblée de ceux qui  marchent avec Christ. Parole du Seigneur: Matthieu 13:52  « Et il leur dit: C’est pour cela que tout scribe qui a été fait disciple du royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui produit de son trésor des choses nouvelles et des choses vieilles. »

    Oui, il y avait dans la raison d’être des scribes, une cause bonne d’édification (le trésor du scribe) qui fut dévoyée. Et quand après la destruction du Deuxième Temple (70), les scribes, qui avaient pour titres usuels: rabbi, rabbouni, maître, etc. devinrent des « rabbins » (dont d’aucuns eurent la tentation de se faire appeler « abba » (père)-Matt. 23:9-), le trésor du savoir de la loi mosaïque fut doucement, au fil des siècles, transformé en support d’une divinisation du savant, avec autour de leurs activités qui allaient connaître la force du corporatisme religieux, l’auréole du médiateur entre Yah, le Père, et Ses créatures, les hommes.

    Quand l’institution catholique romaine se met en place, comme religion bâtie -en partie- sur les enseignements du Christ et de ses apôtres, la figure du prêtre –qui est pasteur de ses ouailles- émerge, et, sans tambour ni trompette, elle s’inspire des structures religieuses gréco-romaines, et surtout, emprunte à la religion judaïque déjà sur les rails, après le triomphe de la secte des Pharisiens qui ont posé les bases du judaïsme rabbinique et talmudique que nous connaissons aujourd’hui, et qui, dans ses formes et dans son fond, ne doit pas être confondu avec la religion des Israélites. Esdras n’est pas Hillel. Elishama n’est pas Shammaï[7] . 

    Prêtrise catholique remaniée, ou la foi sans la croix pour tous 

    Lorsque la figure du pasteur émerge, il y a matière à penser que cette étape de réformation ne sera qu’une escale critique, et qu’elle aboutira, pour les différentes expériences de décollement des couches séculaires de traditions qui ont recouvert le référent biblique des décrets papaux, à la restauration du message de l’évangile. Hélas, le pastorat s’est fossilisé depuis 500 ans en une prêtrise bis, avec une foule de nuances selon les dénominations, prenant désormais les ombres et les silhouettes du rabbinat des sources.

    *Quand une dénomination n’a pas la taille critique pour singer Rome en synodes et autres conciliabules afin de veiller sur l’orthodoxie de l’hétérodoxie séminale, de petits sanhédrins se réunissent çà et là de par le monde, toujours dos tournés à des directives bibliques simples. Justement trop simples, pour que des choses si fortes que la vie spirituelle vécue pour le Père de l’univers se fassent avec des organisations simples, des gens simples, des outils simples, une foi simple… Le pain et le vin, c’est simple, n’est-ce pas? Trop simple. Un peu trop simple…

    *Aujourd’hui il y a de nombreuses branches du judaïsme pourvoyeur de rabbins, comme il y a de nombreuses branches du protestantisme qui met en scène les pasteurs. Une constante: pas de communauté protestante sans pasteur; pas de communauté judaïque sans rabbin. Les uns et les autres peuvent se marier, contrairement, pour la plupart du moins, aux prêtres catholiques. Les uns et les autres sont souvent des érudits.

    La Bible invite le croyant, le talmid de Yehoshua le Messie, le chrétien, le disciple, à être un sacrificateur[8] . Un scribe n’est pas un sacrificateur. Esdras fut scribe et sacrificateur (Esdras 7:11). Les assemblées issues de la Réforme étant gouvernées pour la plupart par des pasteurs, accessoirement sacrificateurs, il y a une incongruité des sources qui s’est muée en « Tradition ». Le propre des scribes/rabbins, lorsqu’ils se rapportent à un peuple assoiffé, languissant et dépourvu de connaissances, c’est de porter les masques de l’usurpation, et de s’asseoir « dans la chaire de Moïse », enseignant de belles choses, et se dispensant de s’y soumettre eux-mêmes.

    L’intention d’Elohim Yah, dans la Nouvelle Alliance, c’est de mettre Tous les disciples à contribution, afin qu’aidés par les services et les dons, dans l’ordre, des: apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et docteurs, les uns et les autres (pas que certains happy few, mais Tous les membres de l’assemblée) soient MUTUELLEMENT édifiés, et vivent dans le partage des apports différents de Christ en tous et en chacun. Rabbinat et pastorat (prêtrise libérale réformée) se rejoignent pour être la trace du roidissement du cou, de la rébellion systématisée et triomphante. Oui, triomphante, car il est de bon ton d’exalter un rôle, un métier, une fonction religieuse, qui n’a rien de fondé sur les textes par lesquels on dit s’appuyer. Il n’y a dans Éphésiens 4:11 aucune bribe d’élément de lecture qui puisse appuyer la conception, l’entretien, la perpétuation d’un métier de Pasteur, si on dit se fonder sur l’Ecriture plutôt que sur des Traditions d’hommes, dont la principale vertu, après avoir rassuré les adeptes d’une religion, est de nier l’Ecriture.

    Alors, saints d’Èlohim, dévoués à Son Oint Christ, et épris de vérité, voyez-vous dans le Nouvelle Alliance quoi que ce soit qui vienne réhabiliter, excuser, justifier (rendre juste) le pastorat protestant ou évangélique? Dans l’évangile qui montre le Fils de l’Homme à l’oeuvre? dans les Actes des Apôtres qui montrent le Fils d’Èlohim corporellement dans Ses saints agissant par la Force du Souffle du Père? dans les épîtres? Non. Et pourtant, notre Père céleste se sert de Tout ce qui participe de la Création, car Son Messie est Tout en Tous. Est-ce un motif valable pour réduire Christ en mettant sur un piédestal le pastorat, au détriment des autres services aux saints? Car le pastorat est l’une des formes de négation de ce « les uns les autres » qui hante les pages de nos Bibles où le mystère révélé de l’ekklesia s’exprime, famille d’Èlohim, corps de Son Fils. C’est urgent:Il faut qu’Il croisse, et que je diminue (Jean 3:30). Aujourd’hui que dans certaines assemblées de chrétiens judaïsants ou de messianiques, on a des pasteurs/rabbins, la boucle est bouclée.

     

    [1]  Exo. 32:9  Exo. 33:3  Exo. 33:5  Exo. 34:9  Deut. 9:6  Deut. 9:13

    [2]   2Chr. 2:6

    [3]   1Tim. 2:5

    [4]   Héb. 5:10; 6:20; 9:11

    [5]   Héb. 7:22 ; Héb. 8:6

    [6]   Le pasteur est prêtre, et le prêtre se veut pasteur, dans les usages, quoiqu’en disent les textes particuliers qui organisent les fonctions cléricales des différentes dénominations.

     [7] Bien sûr, le chrétien sait qui sont Esdras et Elishama. Mais Shammaï et Hillel, inconnus aux chrétiens, sont deux piliers d’une autre voie que celle de Yeshua. Ce sont deux rabbins initiaux du pharisaïsme/rabbinisme/talmudisme/judaïsme.

     [8]  1Pierre 2:5, 9

     

    Le méchant dit avec arrogance: Il ne punit pas! Il n’y a point d’Èlohim! -Voilà toutes ses pensées. (Psaume 10:4)

    Et il arrivera, en ce temps-là, que je fouillerai Jérusalem avec des lampes ; et je punirai les hommes qui reposent sur leurs lies, — qui disent dans leur cœur : YHWH ne fera ni bien ni mal. (Sophonie 1:12)

     

     

     

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